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L'ambition de présider un pays voisin.. Manuel Valls, le Matador à l'Elysée - Capital FR

L'ambition de présider un pays voisin.. Manuel Valls, le Matador à l'Elysée

Après le renoncement de François Hollande pour la présidentielle de mai, le premier ministre va annoncer sa candidature à la primaire de la gauche lundi en fin d'après-midi depuis son fief d'Évry. Un projet qui prend forme depuis plusieurs semaines. Retour sur les grandes dates de sa carrière politique.

Après le renoncement de François Hollande, tout le monde attend maintenant la prochaine étape: la candidature de Manuel Valls. Depuis plusieurs jours, le premier ministre marche sur un fil entre annonce de candidature et soutien au chef de l'État. Après la décision de ce dernier jeudi, le chef du gouvernement a salué un «choix difficile». «Je veux dire à François Hollande mon émotion, mon respect, ma fidélité, mon affection. Ministre de l'Intérieur, puis premier ministre, je connais son courage, son sang-froid, celui d'un grand dirigeant, qui a su affronter des épreuves douloureuses pour la France», a-t-il déclaré dans un communiqué. 

Son entourage annonçait vendredi dans Le Parisien que le chef du gouvernement allait «très, très vite sortir de sa réserve». Ce sera chose faite ce lundi, à 18h30: Manuel Valls annoncera sa candidature depuis son fief d'Évry, dans l'Essonne. Il devra ensuite, comme en 2011, passer par la primaire à gauche où il avait obtenu seulement 5,63% des voix au premier tour. Retour en quelques dates sur son parcours, de la mairie d'Évry à Matignon. 
 
De 2001 à 2012, Évry au cœur Manuel Valls est élu maire d'Évry dans l'Essonne en mars 2001. Il sera réélu en 2008. Mais il abandonnera son mandat au moment de sa nomination au gouvernement en 2012. Il continue cependant de siéger au Conseil municipal. Sa gestion de la ville pendant onze ans sera notamment marquée par le renforcement de la sécurité. Il abandonnera ses fonctions en laissant Évry dans un mauvais état économique, comme le révélera Capital.
Manuel Valls est resté maire d'Évry pendant onze ans.

L'appel du pied de Sarkozy
Manuel Valls a fait de la sécurité un de ses principaux chevaux de bataille depuis son élection à Évry. En 2005, alors que des émeutes secouent les banlieues, il est le seul élu de gauche à ne pas s'opposer au couvre-feu proposé par le ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy. Sa position interpelle alors. Suffisamment pour se voir proposer une place au gouvernement au moment de l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007. Une nomination qu'il refuse. Il gardera cependant l'étiquette d'un homme plus proche de la droite que de la gauche, qualifié de «Sarkozyste de gauche».
Manuel Valls et Nicolas Sarkozy lors d'une conférence sur les Quartiers Sensibles à Évry.

En 2009, Aubry demande à Valls de quitter le PS
Dans une interview à Sud-Ouest à l'été 2009, le maire d'Évry déclare vouloir transformer «de fond en comble le fonctionnement du PS, nous dépasser, tout changer: le nom, parce que le mot socialisme est sans doute dépassé, il renvoie à des conceptions du XIXe siècle». Il estime aussi que Martine Aubry «n'est pas à la hauteur de l'enjeu» en vue de la primaire de 2011. Des mots qui ne passent pas au sein de son parti. La première secrétaire de l'époque lui adresse une lettre ouverte dans laquelle elle l'invite à quitter le PS: «Si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences, et quitter le PS». Mais Manuel Valls choisit de ne pas partir. Il répondra lui aussi dans une lettre: «J'entends bien rester fidèle à mon poste, à ma famille et à mes valeurs».
Manuel Valls et Martine Aubry s'étaient affrontés dans un style épistolaire à l'été 2009.

En 2011, il se lance dans la primaire de la gauche
La gauche organise pour la première fois une primaire ouverte en 2011. Manuel Valls se présente, affichant déjà ses ambitions. Il déclare ne pas vouloir observer «la loge présidentielle depuis l'orchestre dans lequel je suis supposé devoir me tenir en attendant mon tour». Mais son positionnement, à droite du PS, ne convainc pas. Il est éliminé dès le premier tour avec 5,63% des voix.

Nommé ministre de l'Intérieur en 2012
Après sa défaite, il se rallie à François Hollande et devient un porte-parole actif pendant toute la campagne. Son implication le rend indispensable. Il se rapproche de plus en plus du candidat au point de créer de la «complicité» dira Valérie Trierweiler, la compagne de l'époque du futur président. Ce dévouement lui permettra d'obtenir, en mai 2012, le poste de ministre de l'Intérieur après la victoire de François Hollande. À ce poste, il renforce son style martial et son image d'homme à poigne, gagnant en popularité, parfois plus à droite qu'à gauche.
• Manuel Valls remplace Jean-Marc Ayrault à Matignon
Manuel Valls est nommé premier ministre le 31 mars 2014 à la place de Jean-Marc Ayrault. Dans une allocution télévisée, François Hollande annonce qu'il dirigera un «gouvernement de combat». Juste après cette nomination, les ministres écologiques Cécile Duflot et Pascal Canfin annoncent qu'ils ne prendront pas part au nouveau gouvernement. Tous deux estiment que «les idées portées par le nouveau premier ministre (...) ne constituent pas la réponse adéquate aux problèmes des Français». Clivant, Manuel Valls l'est et il l'assume. «Un chef doit savoir cheffer, alors je cheffe!», dira-t-il en petit comité peu après sa nomination.
Jean-Marc Ayrault est remplacé par Manuel Valls à Matignon en 2012.


Face à la Loi travail, le recours au 49.3
Cet acte restera comme l'un des faits marquants de ses années à Matignon. Alors que la France est plongée depuis plusieurs semaines dans des mouvements de contestation contre la Loi travail, le premier ministre décide d'utiliser le 10 juillet 2016, l'article 49.3 de la Constitution pour faire passer le projet de loi. Craignant que les députés ne s'opposent à ce projet, Manuel Valls se sert de cet article qui permet au gouvernement de faire passer le texte sans vote.
Par trois fois, Manuel Valls utilisera le 49.3 pour faire passer la loi travail.


Pour la primaire, Valls se dit «prêt»
Le 27 novembre, dans un entretien au Journal du Dimanche, Manuel Valls n'exclut pas de se présenter à la primaire de la gauche les 22 et 29 janvier prochains même face à François Hollande, pas encore retiré de la course. Le premier ministre évoque une relation qui a changé avec le président, notamment après la parution d'un livre de confidences de celui-ci à des journalistes du Monde. Le premier ministre réclame une primaire PS qui «doit donner un élan, de l'espoir». «Il faut se préparer au face-à-face. Je m'y prépare, j'y suis prêt», annonce-t-il. Le lendemain, à la suite d'un déjeuner à l'Elysée, Manuel Valls semble rentrer dans le rang en excluant de démissionner au nom du «sens de l'État». Il déclare qu'il ne pouvait y avoir aucune confrontation au sein d'une primaire entre le Président de la République et le premier ministre». Mais quatre jours plus tard, François Hollande prend tout le monde de court et annonce qu'il ne briguera pas de second mandat, laissant la voie libre à Manuel Valls.
Manuel Valls s'est dit «prêt» à se présenter face à François Hollande à la primaire de la gauche.
Via LeFigaro/EP
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