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Mohsen Marzouk : « J’ai peur qu’on dise que la Tunisie a échoué ! » - Capital FR

Mohsen Marzouk : « J’ai peur qu’on dise que la Tunisie a échoué ! »

« Nous devons donner un grand signal à la communauté internationale, en lançant les réformes qui ont trop tardé. J’ai peur qu’on dise que la Tunisie a échoué ». A quelques mois de son départ de Carthage pour prendre ses fonctions de secrétaire général de Nidaa Tounes, Mohsen Marzouk a livré l’esquisse de sa vision pour la relance du parti et les grandes priorités pour le gouvernement. Mais aussi, révélé son plan de carrière politique personnel. Répondant aux questions du confrère Zyed Krichen d’Al-Maghreb, Marzouk montre bien comment il compte faire jouer à Nidaa Tounes un rôle majeur.


Pas de congrès électif en 2015, mais en 2016, gagner les municipales, un code d’investissement très libéral, un haut comité et des assises nationales pour les réformes, revoir la gestion des biens confisqués, élargir la réconciliation au règlement des contentieux avec l’administration, et réajuster le périmètre d’intervention de l’instance Vérité et Justice : il se lâche.

Ambition personnelle


« Je n’ai pas l’intention de me présenter aux élections présidentielles, coupant court à d’insistantes ambitions qu’on lui prête. Ceux qui se déclarent dès maintenant, ajoute-t-il, n’auront pas de chance pour l’emporter ». Laissant cependant la porte ouverte, il n’exclut par que « chacun peut nourrir pareille ambition, mais être dans une position qui le lui permet… ». Pour le moment, Mohsen Marzouk estime qu’il restera longtemps à Nidaa Tounes. Il doit en effet y accomplir un grand travail de restructuration, lui faire exercer sur l’échiquier politique le rôle qui est le sien.

Nidaa Tounes


D’un parti de résistance et machine électorale, Nidaa doit se convertir en un parti au pouvoir et de service qui apporte au quotidien un plus réel à ses adhérents et aux Tunisiens, tout en conservant sa capacité de mobilisation électorale. Tout un plan de restructuration sera présenté ce mercredi, à la veille de la célébration ce 16 juin du 3ème anniversaire de la création de Nidaa. Au sujet du congrès, il considère qu’il serait utile d’envisager en septembre prochain un congrès destiné à approuver la nouvelle vision du parti et son plan d’action et de prévoir en 2016 un congrès électif. Première bataille à gagner, les municipales. Au sein du parti, Mohsen Marzouk entend se positionner au dessus des courants, maintenant une position au centre.

Marzouk et le libéralisme économique


«Je suis un partisan inconditionnel du libéralisme économique». La profession de foi de Mohsen Marzouk  ne laisse pas d'étonner. L'homme a été dans les années 60, un militant de la gauche radicale et passe pour être très proche du courant de gauche du parti. «C'est ce qu'on dit, répond Marzouk. Dieu a créé l'homme avec une tête au centre des épaules. Vous pouvez tourner la tête à gauche et à droite, mais le mieux est de regarder droit devant vous, c'est à dire au centre».

Le gouvernement Essid


Les partis qui y participent auraient dû le nourrir de visions et de propositions concrètes. Il doit se doter d’objectifs précis, liés à des dates fixées et avoir le courage de prendre de grandes questions, comme par exemple la distribution de terres domaniales à des jeunes cultivateurs. 

Les réformes


La grande priorité reste les réformes, à commencer par celle du code des investissements qui doit être le plus libéral et le plus incitatif possible. Marzouk recommande la création d’un haut comité des réformes conduit par une grande figure nationale et l’organisation d’assises nationales des réformes, regroupant toutes les parties concernées, afin de définir une feuille de route consensuelle.

La réconciliation nationale


C’est un préalable qui a tardé à se mettre en œuvre et doit s’. Il faut la considérer aussi comme une réconciliation avec l’administration pour ceux qui ont des litiges avec elles.

Les confiscations


Que sont devenus les biens confisqués et comment sont-ils gérés ? Mohsen Marzouk semble connaître la vraie réponse, mais s’y interroge en guise de reproche afin de susciter une décision efficace du gouvernement.

La justice transitionnelle


L’Instance Vérité et Dignité dispose d’attributions trop larges. Son pouvoir est plus grand que celui des pharaons. A titre d’exemple, il cite la date du 1er juillet 1955 à laquelle peuvent remonter les mises en cause. Marzouk se demande qui sera alors responsable de dédommager les victimes, sachant qu’à cette date la Tunisie n’était pas encore indépendante et la France exerçait encore son protectorat.

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